Fin 2011, lorsqu’il a été question d’augmenter les moyens de la Banque mondiale à cause de la crise financière, le Luxembourg a pour ainsi dire tenu le haut du pavé. Le Luxembourg sauve le monde, et chaque résident luxembourgeois prête 4000 euro à la Banque mondiale. Les pauvres voisins belges peuvent seulement contribuer avec 921 euros par habitant, et les allemands avec 507 euros et les français avec 482 euros. Vu que la dette publique ne cesse d’augmenter au Luxembourg, on n’en est plus à 2 milliards près…

Le Luxembourg n’est d’ailleurs pas seulement champion mondial en la matière, mais même champion mondial hors catégorie! Un autre exemple? Dans le cadre du prêt de 2 milliards d’euros au Fonds monétaire international, chaque résident luxembourgeois doit mettre sur table pas moins de 4024,70 euros. Si l’on tient compte des 13 pays de la zone euro qui participent à ce prêt, la moyenne s’élève à 493,08 euros par habitant. Le Luxembourg est 8 fois meilleurs que les autres et ça, ce n’est pas rien…

Quand il s’agit de recourir à l’argent du contribuable pour maîtriser la crise financière, le Luxembourg est également champion européen. Le magazine allemand Spiegel (édition du 21 septembre 2013) a calculé que chaque habitant d’Allemagne contribuait avec 264,80 euros au Mécanisme européen de stabilité (MES), alors que, pour le Luxembourg, le montant s’élève à 373 euros.

La contribution de chaque résident luxembourgeois est donc 40% supérieure à celle d’un résident allemand. Le Luxembourg participe, dans le cadre du MES, avec 200,3 millions d’euros de parts libérées et 1,5 milliards d’euros de parts sujettes à appel.

Le Luxembourg est souvent champion européen ou même mondial dans beaucoup de catégories lorsque l’on tient compte de son nombre d’habitants. L’ADR pose la question: Qui pour sauver le Luxembourg? Sans les excédents issus de la Caisse nationale d’assurance pension, le Luxembourg risqueraient de ne plus respecter les critères de Maastricht. Et Bruxelles s’immiscerait dans notre budget et dans notre système de sécurité sociale. Compte tenu de ce qui passe en Grèce, en Espagne ou encore au Portugal, nous savons à quoi ressemble un tel sauvetage!

L’ADR ne remet pas en cause la solidarité internationale, loin de là. Mais il serait temps que le gouvernement agisse avec plus d’intelligence. À l’avenir, les contributions faites par nos pays voisins proportionnellement au nombre d’habitants ou encore la moyenne de la zone euro devront servir de référence – d’autant que l’une des conséquences serait une réduction des dépenses de l’État. Ce serait un pas important vers un assainissement des finances politiques, et ce sans augmentation d’impôts.

Il est d’ailleurs inacceptable que l’Union européenne se transforme de plus en plus en une Union de l’endettement, ce qui de toute façon contraire aux traités européens!


Qu’est-ce que le MES?

Le Mécanisme européen de stabilité (MES) a été voté le 26 juin 2012 à la Chambre des Députés. Le but de cet instrument est de soutenir les pays surendettés. Ces Etats membres peuvent sous certaines conditions contracter des emprunts.

La participation du Luxembourg au capital du MES s’élève à pas moins de 1,75 milliards d’euros. De cette somme, 200 millions d’euros ont déjà été versés (80 millions en 2012, 80 millions l’année passée et 40 millions cette année). Ce sont les “parts libérées”. La Chambre des Députés n’a aucune influence sur les parts sujettes à appel (1,5 milliards d’euros)! Ce qui est particulièrement alarmant, ce que ce montant peut être augmenté sans que l’on procède à un vite à la Chambre des Députés.

Comme il y a une contrepartie, les sommes versées par le Luxembourg ne sont pas prises en compte dans le calcul de la dette publique; néanmoins, le MES a un énorme impact sur la politique budgétaire. Ces sommes d’argent, le Luxembourg a dû les emprunter, et cela représente une dette, c’est-à-dire une charge supplémentaire pour le budget de l’État.

Jusqu’à présent, deux Etats ont profité du MES: 41,4 milliards d’euros pour l’Espagne et 9 milliards pour Chypre.