Le 14 mai 2012, une délégation du CLAE a rencontré une délégation de l’ADR au siège de la fraction parlementaire. Les sujets tels que l’accession à la nationalité, l’importance de la langue luxembourgeoise comme moyen d’intégration et le droit de vote des résidents de nationalité étrangère aux élections législatives ont été abordés dans le cadre d’un dialogue honnête et ouvert.

Suite à une conférence de presse du CLAE (Comité de liaison des associations d’étrangers, plate-forme associative qui regroupe quelque 80 associations) et une réplique de l’ADR (Parti démocratique réformateur) sous forme de lettre ouverte, une première rencontre a été organisée au siège de la fraction de l’ADR.

La délégation du CLAE était composée de MM Furio Berardi (président), Bashkim Hazizaj (membre du bureau exécutif), Franco Barilozzi (directeur) et Mme Kristel Pairoux (porte-parole). L’ADR était représenté par MM Fernand Kartheiser (président), Jean Schoos (secrétaire général) et Alain Kleeblatt (attaché parlementaire).

Le CLAE a présenté son livre « Faire société ensemble » et a d’emblée levé un malentendu : la plate-forme associative ne souhaite pas encourager l’immigration vers le Luxembourg des pays européens touchés par la crise. Le CLAE et l’ADR se prononcent en faveur d’une information claire et honnête dans les pays d’origine des migrants potentiels, portant également sur les difficultés à trouver un travail et un logement au Grand-Duché.

M. Fernand Kartheiser a évoqué la responsabilité importante des associations d’étrangers dans le dialogue avec la population Luxembourgeoise, qui se trouve dans la situation unique qu’elle va devenir minoritaire dans son pays dans les années à venir. Cela entraine des « inquiétudes légitimes » de la part des Luxembourgeois. Il est indispensable de concilier les besoins de ceux qui sont installés au pays avec ceux qui vont arriver, avec la mise en place d’une politique volontariste d’intégration.

L’ADR reste opposé à une « citoyenneté de résidence », tandis que le CLAE prône celle-ci, ou une citoyenneté européenne, comme une perspective a long terme et un « choix courageux ». Les deux parties affirment toutefois que le Luxembourg est « très en avant » sur les droits et la citoyenneté accordée aux résidents de nationalité étrangère. Le désaccord reste net à propos du droit de vote des étrangers aux élections pour le parlement luxembourgeois, ce qui pour le CLAE constitue « un même droit pour tous », mais pour l’ADR ce point est réglé à travers la possibilité de la double nationalité.

Si le CLAE rejoint l’ADR sur l’importance de la langue luxembourgeoise comme moyen de s’inscrire pleinement dans la société, il insiste toutefois pour que la langue ne soit pas une « barrière » et se prononce pour un juste rééquilibrage des langues. L’ADR affirme que l’apprentissage de la langue luxembourgeoise est « le moyen par excellence » de l’intégration, son usage permettant de « participer à toute la panoplie des possibilités » proposées par la société au Grand-Duché de Luxembourg, et cela d’autant plus que la diversité des pays d’origine des immigrés ne permet plus à la seule langue française de jouer ce rôle.